« Ça craque, donc ça a marché » — ou au contraire « craquer le dos, c'est dangereux » : les idées reçues sur la manipulation vertébrale sont nombreuses. Un chiropracteur à Toulouse fait le point sur ce que la science sait réellement du bruit de craquement et des risques associés à la manipulation.
D'où vient le bruit de craquement ?
Le bruit entendu lors d'une manipulation est un phénomène appelé cavitation : à l'intérieur de l'articulation, une bulle de gaz se forme brièvement dans le liquide synovial lors de l'étirement rapide de la capsule articulaire, puis se résorbe. Une étude d'imagerie en temps réel, publiée dans PLOS ONE, a visualisé directement ce phénomène par IRM dynamique et a confirmé son origine mécanique — il ne s'agit ni d'un os qui « se remet en place », ni d'un frottement osseux.
Le bruit n'est pas un indicateur d'efficacité
Contrairement à une croyance répandue, l'intensité ou la présence du bruit de cavitation n'est pas corrélée à l'efficacité clinique du geste. Certaines manipulations efficaces ne produisent aucun bruit audible, et inversement. Le bénéfice thérapeutique tient à la restauration de la mobilité articulaire, pas au bruit lui-même.
Le risque d'accident vasculaire cervical : ce que montrent les données
C'est une question légitime, souvent posée à propos des manipulations cervicales. Une large étude cas-témoins et cas-croisés en population, publiée dans la revue Spine, a comparé le risque d'accident vasculaire cervical chez des patients ayant consulté un chiropracteur à celui de patients ayant consulté un médecin généraliste pour des symptômes similaires (douleurs cervicales, maux de tête). Les auteurs concluent que le risque associé à la consultation chiropratique n'est pas significativement supérieur à celui associé à une consultation médicale classique pour les mêmes symptômes — suggérant qu'une partie de ces événements, extrêmement rares, surviendrait indépendamment de la manipulation elle-même, chez des patients déjà porteurs d'une atteinte artérielle préexistante à l'origine de leurs douleurs cervicales.
Un geste sûr dans un cadre clinique rigoureux
La revue publiée dans le BMJ sur la manipulation vertébrale dans la lombalgie chronique, comme la littérature plus large sur la thérapie manuelle, rapportent des effets secondaires majoritairement bénins et transitoires — courbatures, fatigue musculaire locale pendant 24 à 48 heures. Un examen clinique rigoureux avant toute manipulation, en particulier cervicale, permet de rechercher les contre-indications et d'orienter vers un avis médical si nécessaire — c'est la règle appliquée systématiquement au cabinet, à Toulouse.
Sources
Ce que dit la science
- Kawchuk GN, Fryer J, Jaremko JL, et al. « Real-time visualization of joint cavitation. » PLOS ONE. 2015;10(4):e0119470.
- Cassidy JD, Boyle E, Côté P, et al. « Risk of vertebrobasilar stroke and chiropractic care: results of a population-based case-control and case-crossover study. » Spine. 2008;33(4 Suppl):S176-83.
- Rubinstein SM, de Zoete A, van Middelkoop M, Assendelft WJJ, de Boer MR, van Tulder MW. « Benefits and harms of spinal manipulative therapy for the treatment of chronic low back pain: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. » BMJ. 2019;364:l689.
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